Pro Evolution Soccer 2009

By | 18/11/2008
pes09

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Comme nous réclamons moins de bla-bla, tâchons de faire l’impasse sur le passage qui raconte que l’année 2008 fut celle de la déception pour PES. Tout le monde le sait. On privilégie la philosophie d’un dirigeant parisien qui fait table rase sur la saison passée, souhaitant le meilleur pour le futur, oubliant toutes ces erreurs qui ternirent l’image de son équipe. Konami souhaite tout autant faire oublier sa production 2008 et s’avère déjà capable de nous fournir une version proche du PES 2009 que nombre de joueurs attendent. Toussotant quelques grains de poussière évidents (effectifs à peine actualisés, maillots pas encore texturés, menus incomplets, licences oubliées…) dus à son état d’avancement, cette preview permet toutefois de se pencher en profondeur sur l’essentiel : le gameplay. C’est aussi l’occasion de prendre la température des nouveautés qui doivent aider à relancer la machine, quelque peu enrayée et surtout dépassée par la mécanique du meilleur ennemi voisin, FIFA. C’est enfin le plus court chemin pour se faire une idée précise des moyens dont dispose Konami pour reconquérir son statut de référence, à moyen et à long terme. S’il est impossible d’être catégorique, on peut d’ores et déjà affirmer que le défi se présente comme relevé, et le mot est faible.

Le mode “Vers une légende” permet d’incarner un seul joueur sur le terrain, durant toute une carrière.
A l’instar d’un club plongé dans une crise profonde qui rappelle un entraîneur l’ayant conduit à la gloire, PES 2009 s’appuie sur ce qui marcha jadis, c’est-à-dire la version PS2. Rassurez-vous, on ne parle pas de downgrade graphique mais bien d’un gameplay tourné vers la simulation. Si quelques tares persistantes rappellent que l’on joue bien à un PES sur consoles nouvelle génération, le rythme de jeu et la progression sur le rectangle vert n’ont plus grand-chose à voir avec PES 2008. Out les fusées qui remontent le terrain aussi rapidement qu’un Usain Bolt et qui jouent à la baballe avec un ballon de plage. Cette fois, les petites gambettes des 22 acteurs adoptent une cadence plus réaliste et subissent bien les effets d’une course folle sur 95 mètres de gazon. Le tout est donc largement plus lent, plus posé et donc logiquement plus tactique. La physique du ballon est certainement le meilleur symbole de ce revirement de mentalité. Plus lourd et plus indépendant que jamais, le ballon n’est plus cette sphère qui traverse le terrain dans tous les sens, quelle que soit la façon dont il est frappé. Désormais plus sujet aux faux rebonds ou aux caprices d’une pelouse détrempée, le cuir a donc gagné en crédibilité, comme les frappes, plus en phase avec le positionnement du tireur et l’angle dont il dispose pour ajuster sa mire.

Le moteur du jeu accuse toujours un gros retard sur FIFA, en dépit de quelques améliorations.
Si l’on pourra encore ponctuellement pester contre des joueurs maladroits dans la surface de vérité, leur aptitude à appréhender la trajectoire et le rebond du ballon leur permet de placer davantage de frappes faciles dans le cadre. Ils ont notamment appris l’une des bases du football, à savoir utiliser l’intérieur de leur pied pour assurer un tir cadré. Par exemple, si vous allumez le gardien et qu’il repousse dans les pieds de l’un de vos joueurs, celui-ci saura se contenter d’un plat du pied à l’opposé du dernier rempart, encore le nez dans le gazon. Idem dans les phases de regroupements massifs sur coups de pied arrêtés (à ce sujet, les ralentissements intempestifs semblent avoir déserté, ce qui n’est pas du luxe). Les cafouillages défensifs sont mieux exploités par les attaquants, plus enclins à donner le coup de rein nécessaire pour pousser la balle au fond des filets. On note cependant, malgré des efforts notables, que l’attitude des gardiens n’est pas souvent exempte de tout reproche. Gants en peau de savonnette, chasse aux papillons sur des centres aériens… Des erreurs indépendantes du joueur qui pèsent lourd dans le résultat d’une rencontre équilibrée. D’ailleurs, s’ils sont clairement plus mobiles et plus réactifs sur leur ligne, les portiers ont toujours autant de peine à bloquer des ballons faciles et les repoussent régulièrement dans les pieds adverses ou carrément dans leurs propres filets. Espérons que ce point sera corrigé aussi rapidement que possible.

Les gabarits des joueurs ont été revus et surtout affinés et sont désormais assez proches de FIFA 08.
Là où PES faillait à tous les étages la saison dernière, c’est au niveau défensif. Les défenseurs centraux ouvraient grandes les portes de la surface de réparation. Cette période est révolue. Le déséquilibre parfois honteux entre les attaquants et les défenseurs a été corrigé pour donner naissance à de véritables duels insistant sur les points forts et les faiblesses des joueurs concernés. Plus intelligents dans leur placement, plus retenus dans leurs interventions, ils jouissent également d’un traitement moins injuste en termes de contres favorables. Enfin, pour gagner son duel, il faudra dribbler, crocheter, feinter. Un vrai pas en avant qui conduit à lui seul les scores fleuves de PES 2008 à des tableaux d’affichage plus raisonnables. Après plusieurs heures de jeu, nous pouvons également confirmer la nette régression des buts gags, bien que quelques c.s.c. font toujours autant rager. Concernant les défenses et la ligne de derrière, précisons également que les arrières latéraux participent davantage au jeu offensif. Si on les savait déjà bons débordeurs, bons centreurs, on les découvre parfois bons finisseurs lorsqu’il faut porter le surnombre dans les 16m50, en glissant au second poteau. Cela leur permet de ne plus être les seuls joueurs de votre effectif à ne pas planter un seul but tout au long d’une saison en championnat ou en Ligue des Masters.

Les maillots font partie des petits détails qui ont été retravaillés pour oublier ce côté plastique de PES 2008.
Techniquement, PES accuse toujours un retard conséquent sur son concurrent direct. Si l’angle de vue global témoigne d’un moteur de jeu pâlot, grossièrement texturé et assez loin d’une retransmission télé, les détails plaident en revanche en la faveur du titre de Konami. L’exemple le plus flagrant est le gabarit des joueurs. Les modèles permettent vraiment de ressentir l’immensité d’un terrain, contrairement aux équipes de gros costauds de l’opus précédent. Plus fins, mieux proportionnés, tout simplement plus “réalistes”, les protagonistes paraissent avoir été dessinés à partir des courbes de leurs homologues de FIFA 08. Il suffit également de jeter un coup d’oeil à leurs tenues pour remarquer des textiles moins plastiques, moins lisses, affichant de nombreux plis çà et là. En parallèle, la modélisation des visages continue sa progression et fixe une nouvelle fois la barre très haute, avec toujours plus de joueurs capturés et ressemblant comme deux gouttes d’eau aux véritables pros. Il demeure cependant nombre de modèles lambda portés à tous les joueurs peu connus présentant une caractéristique physique commune, comme la couleur de peau par exemple. La bonne nouvelle, c’est que l’éditeur offre cette année une mine de possibilités pour retoucher chaque centimètre du faciès de ces “oubliés”, pour les plus patients d’entre-nous.

Malgré de meilleurs réflexes et une meilleures détente, les gardiens sont toujours régulièrement gaffeurs.
L’autre bonne nouvelle, c’est la présence de nouveautés dignes de ce nom. L’une d’entre elles est censée répondre au mode “Deviens Pro” de FIFA 08. Dans PES, le joueur devient “une légende”. Si le jeu d’EA n’a rien inventé (on se souvient de Libero Grande ou encore du mode Fantasista de la version nippone de PES la saison dernière), il est clair que ce mode a dicté le choix de Konami d’en proposer un à son tour. On se demande bien pourquoi l’éditeur japonais a attendu le réveil de son concurrent direct pour proposer “Vers une légende” aux joueurs européens. Quoi qu’il en soit, des variantes suffisent à lui donner une certaine personnalité. Dans ce mode, l’utilisateur créé son avatar puis débute sa carrière en tant que jeune espoir. Il signe tout d’abord dans une équipe de seconde zone (dans notre partie, Saint-Etienne, Toulouse et Caen nous proposaient leurs services) et doit faire ses preuves étape par étape. Briller d’abord à l’entraînement pour gagner sa place sur la feuille de match, puis marquer les esprits à chaque période de temps de jeu accordée par le coach pour espérer devenir un titulaire en puissance et attirer ainsi l’oeil de recruteurs de clubs plus huppés. Tout au long de sa carrière, le joueur progresse et peut même être appelé en équipe national si ses performances le justifient. Un historique de la carrière permet de constater des progrès, qu’il s’agisse d’attributs boostés ou tout simplement d’un salaire de base régulièrement revu à la hausse.

Le ciel de Konami s’éclaircirait-il partiellement après la déception de la version 2008 ?
La seconde nouveauté qui a attiré notre attention est la possibilité d’importer des mp3 pour les associer ensuite à n’importe quel club en tant que chant de supporters. L’idée est excellente mais prouve encore une fois que Konami peine à concurrencer FIFA au niveau sonore. Qu’importe, le joueur peut profiter à fond de cette option qui fait à la fois office de révolution que de cache-misère. En effet, le duo de commentateurs Jeanpierre-Paganelli a été reconduit. Plus que le choix des hommes, c’est la persistance des développeurs à enregistrer des commentaires robotisés et en décalage total avec le contexte qui fait grincer des dents. Dans cette version, tout juste a-t-on pu noter une poignée de nouveaux commentaires, le reste reprenant mot pour mot les interventions douteuses qu’on ouit dans PES 2008. Ce n’est donc pas demain que cette éternelle difficulté sera surmontée. En attendant de se plonger plus profondément dans la Ligue des Masters, légèrement améliorée, et le multijoueur auquel nous n’avions pas accès dans cette version, c’est donc l’essentiel à retenir de cette nouvelle itération. Si nos impressions générales sont plutôt bonnes, précisons qu’un certain sentiment de gâchis rejaillit inlassablement lorsqu’on repense au temps perdu avec le précédent opus. Car finalement, PES 2009 ressemble davantage à PES 6 qu’à PES 2008. Tout en étant une bonne nouvelle, cela prouve que les équipes de Konami ont dû faire machine arrière et ne semblent pas encore prêtes à apprivoiser la nouvelle génération aussi aisément que le voisin américain.

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